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Najib Berrada

Najib Berrada

Architecte

born on: August 22, 1953
email: n.berrada@archiscenes.ma
phone: +212622003311

Ricardo Porro, Tchumi, Hadid, Herzog, Jourdain, Perrodain, Schutten, Baragan, siza, zevaco, Faraoui… sont des références vénérées, en raison de leur anti conformisme, de leur audace. Ces maîtres bâtisseurs planent comme une ombre sur l’œuvre de N.Berrada qui s’articule entre émotion et symbolique. Sa pensée ne peut se réduire ni à un style ni à des habitudes, mais à une production réactive face au Temps.
Adepte d’une approche globale qui conçoit le projet comme un Une démarche qui l’inscrit dans une logique expérimentale, d’où la diversité dont il fait preuve dans ses multiples projets. Un édifice se greffe dans un lieu porteur de mémoire qu’il se doit de s’approprier, pour mieux la défendre d’abord et l’incarner ensuite. Une telle vison nécessite exigence et minutie : la première par respect du lieu d ‘accueil, la seconde pour ne rien trahir de son devenir et qui parfois à force de détails s’érige en obsession. C’est en sens que son architecture en apparence simple s’enorgueillit d’une dialectique dans son résultat.
Le choix de Casablanca comme lieu d’installation est à dessein de marcher dans le sillon d’illustres prédécesseurs qui ont façonné le centre ville.
Plus que beaux, leurs édifices étalent une fierté qui témoigne d’une audace dans la conception et garantit leur postériorité. Installation à Casablanca à dessein, a-t-on dit, car c’est un lieu de mémoire. N.Berrada y a grandi et séjourné, autant dire que les bâtiments de la ville sont des échos aux souvenirs qui l’animent. Le foisonnant Derb sultan et son école Al
Mohammédia, la grande piscine municipale, les illustres cinémas Mamounia et kawakib, que des monuments qui forgent une sensibilité et l’irriguent du lait de la tendresse humaine. Par delà les pierres qui les portent, ces lieux sont un cordon ombilical liant les jeunes casablancais avec la modernité. Plus tard, ce sont les chants et les couleurs du théâtre municipal où des jeunes troubadourisent pour refaire le Maroc aux normes soixante-dixardes.

Une dolce vita teintée de rouge prévalait dans un Maroc culturellement fécond parce que politiquement cerné. Un tel vécu, bonifié par les années, se doit d’être transmis ou à défaut reproduit. Le Casa actuel, pour la génération d’aujourd’hui, se résume à des habitats sans écho. Et c’est justement ce que s’assigne N.Berrada dans son travail. L’homme est résolument
pour une ville à résonance culturelle. Le construit doit non seulement répondre aux besoins de première nécessité mais doit s’articuler autours de thèmes fédérateurs génériques et culturels inspirés en particulier de l’identité collective de la ville.
Sa pratique du design, ses années d’enseignement au contact d’une jeunesse porteuse de nouveautés, l’implication de compétences provenant d’horizons divers, la création du magazine Labyrinthes Villes du Maroc «LVDM» comme outil pour explorer l’ingéniosité des villes, autant dire un apprentissage qui débouche sur le souci d’insuffler une vie à la ville, d’en faire cet espace où l’utile et l’agréable cohabitent en parfaite symbiose. Avec une telle expérience, il s’est forgé ses propres empreintes sur lesquelles il marche et revient sans cesse pour de nouveau explorer et convaincre. Ainsi ses projets s’auréolent d’une mise en scène qui orchestre une succession d’ambiances dans le but d’accomplir une œuvre ancrée dans son environnement culturel tout en revendiquant une modernité.
Justement Casablanca, comme environnement, se prête difficilement à l’expérimentation. Ville à la vitalité débordante où la rareté du foncier contraint à la compromission ou à la prouesse, oblige l’architecte à s’expliquer. N.Berrada le fait à sa manière, histoire d’aider le lecteur à voir entre le béton et les briques.
Un nu pour mettre les voiles…
Son bac arabe scientifique en poche, N.Berrada se destine aux études pharmaceutiques. Une éventualité fortement appuyée par la mode de l’époque. Mais c’est vers l’Architecture que son destin bascule, qu’il découvre devant un nu parisien (bel augure) alors qu’il tient compagnie à des étudiants à l’œuvre devant leur modèle.

Une rencontre qui présage de lendemains esthétiques. Parti pour une année de langue, histoire d’effeuiller aisément un Molière, il revient métamorphosé. Une chrysalide qui débute à Lyon et finit à Lilles. Décidément encore deux extrêmes : l’une est bourgeoise, l’autre fièrement ouvrière.

Une mue culturelle initiée par les ateliers d’urbanisme et les associations de quartier, infatigables contrepouvoirs aux décideurs institutionnels. Parallèlement aux études, la vie estudiantine fleurit de rencontres et de plaisirs. La musique, le théâtre, le cinéma, l’histoire de l’art, une avalanche culturelle aux antipodes des fassitudes exhalant torpeur et suffisance. Les vapeurs culturelles de l’Europe le happent, il s’en délecte neuf ans durant.
C’est à Lyon que sa curiosité palpite, au contact d’illustres monuments comme l’Opéra M.Ravel ou le Musée Gréco-romain. Deux sources nourricières qui abreuvent, édifient et surtout civilisent l’écoute et le regard.

S’ensuit Lilles pour un 3ème cycle, ville auréolée en la matière d’une tradition de contestation. En l’occurrence les écoles d’architectes sont actrices de leur environnement, et leurs propositions sont de sérieuses alternatives aux choix locaux. L’idée et sa pertinence priment, pour peu qu’elle ne déteigne pas sur la couleur de l’Elu local.

Plus que de la formation, l’étudiant se sent un maillon de la gouvernance, une pierre de l’édifice. De telles pratiques sont presque sciences fictionnelles dans l’amère patrie. Entre les deux escales, l’étudiant parfait sa formation dans des voyages en auto stop, agrémentés de nuits dans des auberges de jeunesse, des gares ou des jardins classés mille étoiles.